Nuit et brouillard





Billet Nº2   •   4 novembre 2014 Révision orthographique requise!
Billet non-traduit. ☹
Si vous voulez m'aider à réviser (français) ou à traduire (anglais, espagnol) ce billet, cliquez ici.




Jusqu'à présent, mon voyage c'était plutôt bien déroulé. Il y a bien dû avoir un ou deux incidents, mais jamais rien de majeur. On dirait par contre que si la malchance m'avait épargné les premiers jours, c'était juste pour mieux s'abattre sur moi aujourd'hui. Les quelques 160 km qui séparent Belleville de Withby (une ville située entre Oshawa et Toronto) allaient être plus éprouvants que je ne l'aurais imaginé.

La journée avait pourtant bien commencé. Je m'étais réveillé en plein forme, j'avais bien mangé au déjeuner et mon hôte, Jeremy, m'avait prié d'apporter pour le dîner un peu du chili qu'il avait cuisiné la veille. Je suis parti tôt, car la distance était sans être exagérée, n'étais pas petite; en plus, on annonçait de la pluie en l'après-midi (je voulais faire au moins une partie du trajet au sec). Jeremy m'avait aussi offert de m'amener à Cobourg (qui était à mi-chemin sur ma route) avec mon vélo car il devait s'y rendre de toute façon. Je trouvais que c'était «tricher», j'ai donc refusé son offre et j'allais le regretter.

La pluie a commencé a tomber finement en début d'après midi, puis par vague successive, elle devenait plus drue. Le vent du

Lac Ontario me causait aussi quelques soucis. Quand j'ai atteint la bien mal-nommée ville de Port-Hope, véritable havre de désespoir, la météo a connu une certaine accalmie, mais c'est là que j'ai eu ma première crevaison. En changeant la chambre à air, j'ai pu me rendre compte qu'il manquait trois rayons autres à ma roue (en plus d'un autre qui manquait déjà depuis Kingston). Ma roue était toute tordue, elle frottait sur le frein. Ça me ralentissait mais je m'étais dit que je réglerait ça plus tard.

En quittant Port-Hope, j'ai fait une erreur de navigation qui allait être fatale. Au lieu de continuer à longer la côte, je me suis enfoncé dans les terres à partir d'un embranchement dont la signalisation portait était peu claire. J'ai commencé à avoir des doutes car le terrain devenait un peu trop vallonneux à mon goût. J'ai vérifier avec le GPS et effectivement, j'étais pas là où j'étais censé être. Au point où j'étais rendu, ça ne valait pas la peine de revenir sur mes pas et il valait mieux faire une sorte de détour qui allait m'ajouter environ un vingtaine de kilomètres.

Lentement la nuit s’amenait. La pluie devenait aussi de plus en plus violente. Elle se calmait parfois, mais seulement pour laisser place à un épais brouillard. La visibilité était nulle, j'avais faim, j'avais froid et j'avais soif (j'ai essayé de récupérer vainement l'eau de pluie). Les côtes me semblaient de plus en plus hautes et donc, plus difficile à monter (d'autant plus que je m'étais blessé à une cheville durant le trajet et que je venais de développer des raideurs dans un bras). Je ne voulais pas rouler sur la route, car la visibilité dans le brouillard était quasi-nulle et je ne voulais pas me faire frapper. L'accotement n'était pas une solution de rechange très intéressante. Il n'était pas asphalté, et je m'embourbait quand je roulais. J'ai donc été forcé de marché à côté de mon vélo pour un petit bout, mais même en marchant, je restais pris dans la bout (j'ai perdu un soulier). Je sais pas s'il y a en a beaucoup parmi vous qui ontdéjà lu Les rois maudits, mais si c'est le cas et que vous vous rappelez de l'épisode de l'host boueux, vous pouvez avoir une petit idée des conditions qui prévalaient.

J'ai finalement réussi à regagner la route 2 qui longe le lac Ontario. La pluie qui s'était encore une fois calmé est revenue à la charge. Je cherchais un téléphone pour prévenir mon hôtesse que j'allais être en retard. Les téléphoniques publiques ont par contre quasiment disparu. J'ai aperçu à un moment donné un centre d'achat. j'ai traversé la rue pour voir si je trouverait un téléphone là-bas. C'est à que j'ai eu ma deuxième crevaison. Il me restait 20 km à faire. J'étais affamé, tranbsi de froid et complètement découragé, mais c'est là que deux bonnes samaritaines (une mère et une fille) sont venues à ma rescousse. Elles m'ont offert un café pour me réchauffer (moi je préfère le chocolat chaud, mais jamais me serait venu à l'idée de refuser). Elles m'ont ensuite conduit avec leur camion chez mon hôtesse, Krista, où j'ai pu prendre une douche, un repas chaud et manger un délicieux petit gâteau préparé par Sacha, la fille de mon hôtesse.

Je tiens vraiment à remercier les deux dames qui m'ont aidé. Elle m'avait laissé leurs coordonnées en écrivant au crayon feutre sur un bout de papier. Malheureusement, avec tout mon matériel mouillé, il est advenu ce qu'il devait advenir et le papier est devenu une tâche d'encre. Donc si une de ces personnes lit ce message (je leur avais laissé l'adresse du site), j'aimerais bien qu'elle me contact.