De l'origine des espèces



Tortue des Galapagos.

Billet Nº50   •   14 août 2015 Révision orthographique requise!
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Non, non, je ne suis pas allé aux Galapapagos, mais c'est pas l'envie qui manquait. J'avais une solution rechange par contre, me rendre à l'Île-de-la-Plata qu'on surnomme la Galapagos des pauvres, mais finalement je n'y suis pas allé là-bas non plus. En embarquant dans le bateau à Puerto-Lopez (es), je pensais qu'on irait à l'Île-de-Salango (es) que j'avais personnellement surnommée l'Île-de-la-Plata des gens pressés (et donc par transitivité, la Galapagos des pauvres gens pressés), mais encore une fois, mes espoirs furent déçus...


Carte du parc national de Machalilla où se trouvent l'île-de-la-Plata et l'île-de-Salango.



Plan A – Galapagos

Les Galapagos doivent en bonne partie leur renommé à la faune qui y habite. Pinsons de Darwin (geospizinae)tortues marines (chelonioidea)tortues terrestres (chelonoidis)iguanes (iguanidae)otaries (zalophus wollebaeki)… La liste pourrait continuer longtemps. Mais les Galapagos, c'est aussi un climat doux à longueur d'années et des plages aux eaux céruléennes. En prime, sans que ça ne soit jamais explicitement dit, on comprend que c'est l’archipel d'origine de Tao dans les Mystérieuse Citées d'or.

Pourquoi ne pas y être allé? Le coût. Tout est trop cher là-bas. Le transport est cher, la nourriture est chère, l'hébergement est cher et l'entrée au parc est carrément prohibitive. D'accord, pour la nourriture, ce n'est pas payer le double voire le triple du prix pour du riz, des pâtes ou du pain pendant 4 ou 5 jours qui aurait fait exploser mon budget. Pour l'hébergement, j’aurai pu espérer trouver quelque chose sur couchsurfing, mais avec peu de temps de préavis, c'était prendre un risque (je comptais ne pas amener ma tente pour voyager léger). Pour le transport, si on s'y prend un peu d'avance, on m'a dit qu'on pouvait trouver un vol aller-retours à partir de Quito ou Guayaquil pour 200$. Par contre, de la manière dont je voyage, je peux difficilement m'y prendre «un peu d'avance». Dans la fenêtre de dates qui me conventionnait, je n'ai rien trouvé en bas de 400$. Reste encore à payer l'entrée au parc: 100$ pour les gens de l'extérieur du pays (les équatorien-ne-s ne payent que 6$…). Non, en fait c'est pire, ce n'est pas 100$ mais 100$US (depuis 2000 le dollar américain a remplacé le sucré comme unité monétaire du pays).



Plan B – Île-de-la-Plata

L'Île-de-la-Plata se trouve dans le parc national de Machalilla (es), collé sur la côte équatorienne. On y retrouve plusieurs des espèces emblématiques des Galapagos (dont beaucoup de fous-à-pieds-bleus (sula nebouxii)),  mais y aller est beaucoup moins dispendieux que de se rendre dans le célèbre archipel (de 20 à 30$ en bateau depuis Puerto-Lopez). On comprend donc pourquoi elle a reçu le surnom de la Galapagos des pauvres. Parmi la faune présente, il manque les fameuses tortues géantes, mais on peut en voir (gratuitement) cinq spécimens dans les jardins de l'École Polytechnique de Guayaquil (ESPOL) (es). Je sais, ce n'est pas la même chose que de les voir évoluer dans leur environnement naturel, mais bon… Je ne suis pas sûr non plus qu'il y ait des iguanes marins (amblyrhynchus cristatus), mais entre vous et moins, sont-ils beaucoup vraiment plus intéressants que leur cousins terrestres qui pullulent sur le continent? Aucun pinsons au bec caractéristique non plus. Bon, ok. rien ne pourra complètement remplacer un voyage aux Galapagos, mais l'idée de vivre une expérience relativement semblable, bien qu'un peu diminuée, pour 500$ de moins me plaisait bien. En prime, c'était la période de migration des baleines-à-bosses (megaptera novaeangliae) et elles passent au large de cette île.


    En haut: Conversation avec une tortue des Galapagos dans les jardins de l'ESPOL à Guayaquil.

En bas:
Iguane des villes (à gauche) vu dans un parc à Guayaquil et iguane des champs (à droite) vu sur l'autoroute en chemin vers Guayaquil.
 



Plan C – Île-de-Salango

Pour se rendre à l'Île-de-la-Plata, il faut prendre un bateau à Puerto-Lopez. Je ne connaissais pas l'Île-de-la-Plata, c'est quand j'étais à Santo-Domingo qu'un couchsurfeur colombien m'en a parlé (on était tous les deux hébergeé au même endroit). Or, j'avais déjà planifié ma route (et trouvé de l’hébergement) pour me rendre jusqu'à Guayaquil et mon chemin ne passait pas par Puerto-Lopez. Un plan, c'est évidemment fait pour être changé quand c'est nécessaire, mais il m'est apparu plus simple de me rendre à Guayaquil comme c'était prévu et de là, faire un allée-retour en autobus jusqu'à la côte.

À la moitié du chemin, un pauvre hère dans la mi-quarantaine et son épouse de 19 ans sont entrés. Ils sont venus s'asseoir pas trop loin de moi dans le fond de l'autobus. On a parlé un peu, ils voulaient m'amener sur un yacht pour aller à l'Île-de-la-Plata. Je leur ai dit que j'allais y penser, mais mon idée était déjà faite. Ces deux personnes m'inspiraient assez peu confiance, ça n'a pas aidé leur cause ils ont commencé, pas très subtilement, à fumer du cannabis et à consommer de la cocaïne. J'étais plus ou moins pris avec eux pour le reste du trajet. En vélo, on est libre et ce genre d'histoire n'arrivent jamais. Ils essayaient aussi de vendre certaines pièces d'artisanat que l'homme confectionnait, mais sans trop de succès. J'ai fait la gaffe de leur dire mon prénom. L'homme m'a alors tressé en 5 minutes un bracelet avec des fils de couleurs où c'était écrit Vicente. Ils voulaient me le vendre 5$! Je ne porte pas de bracelet et si jamais j'en portais un, ça ne serait sûrement pas avec mon nom d'écrit dessus. Mais bon, pensant acheter la paix, je leur ai payé le 5$. Ça n'a pas vraiment fonctionné, ils avaient plutôt l'air de penser que le pigeon qu'ils tenaient devant eux n'était pas encore complètement déplumé.

Une fois arrivé au terminal d'autobus de Puerto-Lopez, il faut se rendre au port. Le moyen le plus simple, c'est de prendre une mototaxi (es). Mes deux nouveaux amis m'attendaient et m'ont invité à monter avec eux (il y a de la place pour trois passagers dans ce genre de véhicule). Je me suis rapidement tourné vers un agent touristique qui était pas trop loin. On a pris une mototaxi ensemble. En chemin il m'a proposé un excursion jusqu'à l'île de Salango. C'est moins loin que l'Île-de-la-Plata disait-il et on y trouve à peu prêt les mêmes espèces. Je me disais que j'allais avoir droit à une copie d'une copie des Galapagos (ça commence à être loin de l'original), mais j'avais vraiment pas envie de retomber sur mes compagnons de d'autobus, j'ai donc accepté son offre.



Plan D – Excursion aux baleines

J'ai payé 25$ en pensant qu'on irait jusqu'à l'Île-de-Salango et qu'on ferait de la plongée en apnée en compagnie de tortues de mer et d'espèces de poissons exotiques. Plusieurs personnes m'avaient dit que 25$, c'était le prix pour aller à l'Île-de-la-Plata, donc l'agent touristique m'avait chargé un peu cher. Mais en plus, on a jamais fait de plongée et on a seulement longé le rivage de l'île sans jamais débarquer... On a pu observer des fous-à-pieds-bleus, mais l'excursion a surtout consisté à observer les baleines. C'était intéressant, mais pour voir des baleines-à-bosses, j'aurais pu aller au Saguenay, ça l'aurait été moins loin. Je me console un peu du fait que j'ai vu un grand mâle faire un saut hors de l'eau (voir un animal de 40 tonnes sauter comme ça, c'est impressionant à voir, croyez-moi). En revenant à la plage, j'ai pensé rester une nuit à Puerto-Lopez pour aller le lendemain à l'Île-de-la-Plata, mais en tenant compte du prix, du temps, mais surtout de la la possibilité de retomber sur les deux arnaqueurs de l'autobus, je me suis dit que ça ne valait sans doute pas la peine (oui ces deux personnes-là vont avoir gâché cette partie de mon voyage).


À gauche: Baleine et son baleineau. Au centre: Arche de l'Île-de-Salango. À droite: Une colonie de fous-à-pieds-bleus. Voir les baleines et les fous était définitivement plus intéressant que ce que suggèrent ces photos (leur pattes sont vraiment d'un bleu intense).




Premier commentaire inutile à m'envoyer: il me semble que si t'avais utilisé 5 ou 6 fois le mot poqué pour parler des deux toxicomanes rencontrés dans le bus que cela aurait porté la qualité de ton texte à un niveau stratosphérique – Patrick Lagacé.

Second commentaire inutile à m'envoyer: aller observer des baleines et des colonies d'oiseaux, on se croirait dans le film La grenouille et la baleine mais sans DJ Horg – ton frère Étienne et ton ami Derrick.


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Addendum: À El-Ñuro (es) au Pérou, j'aurai finalement eu la chance de nager avec les tortues de mer (et avec un bien jolie argentine).