Danke Sehr


Ralph (avec des sandales), votre humble blogueur (avec les bottes en question) et André (avec les chaussures qui m'ont en partie sauvé la vie).

Billet Nº59   •   12 octobre 2015 Révision orthographique requise!
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Qu'on soit bien ou mal chaussé, la randonnée du Choquequirao n'est pas censée être la plus facile qui soit (du moins pour un non-expert comme moi). Par contre, avec une mauvaise paire de chaussure, l'expérience peut devenir assez pénible. Je parle par expérience, mais fort heureusement, à la moitié du trajets deux allemands me sont venu en aide.

Le Choquequirao, c'est un site archéologique qu'on compare souvent celui de Machu Picchu. D'ailleur, pour désengorger ce dernier, on projette de construire un téléphérique (es) et ainsi dévier un parti des touristes vers l'autre site, présentement seulement accessible après deux jours de marche.

J'ai fait la randonnée en compagnie de deux autres cyclistes, Camille (France) et André (Allemagne). Je suivais plus ou moins André depuis Puerto-Colombia (c'est en Colombie, vous l'aurez devinez – mais des fois les noms sont trompeurs, Kansas-City par exemple, c'est au Missouri) sans jamais pouvoir le rattraper en raison de son usage de l'autobus. J'avais rencontré Camille en quittant Abancay, à deux jours de vélo de Cusco. Tous deux adorent faire de la randonnée (surtout Camille qui en Amérique-du-Sud, expressément pour ça). André voulait faire le parcours de l'Ausangate et Camille, celui du Choquequirao. On a finalment décidé de faire ce dernier.

Puisque la randonnée semblait être exigeante, on (André et moi) est passé dans une boutique pour s'équiper un peu mieux: sac-à-dos, bâtons de randonnée et ce qui sera crucial dans cette histoire, une paire de bottes. J'avais j'avais déjà utilisées mes chaussures de vélo pour monter à la Lagune 69 (es) au Pérou. Par contre, même en enlevant les les cales de métal, mes chaussure de vélo demeuraient des chaussures de vélo... Je me disais que ça vaudrait sûrement la peine de louer des bottes de randonnées

Voilà le problème, ce n'était pas des bottes de randonnées, mais des bottes de constructions avec un cap d'acier au bout qu'on m'a louées. En marchant quelques coins de rue dans la ville, ça m'a un peu dérangé, mais je m'étais dit (à tort, mais vraiment à tort) que ça ne serait pas trop incommodant pendant la randonnée. En fait, tant que j'étais sur du plat ou sur pente montante, ça allait plus ou moins. Par contre, dès que je descendais, mes orteils s'enfonçaient vers la pointe de la chaussure, le coquille d'acier faisait office d'étau et les écrasait de manière très douloureuse.

Camille, moi-même et André dans le village de Cachora (es) à l'entrée du sentier qui mène au Choquequirao. Sur la photo de gauche, je porte les fameuses bottes qui m'ont causé tant de soucis...

Après un certain moment, j'ai essayé de marcher par en arrière, ce qui me soulageait un peu mais était pour des raisons évidentes fort peu pratique et même parfois dangereux. J'ai essayé de marcher déchaussé, mais je ne suis pas habitué et ça fonctionnaient pas. J'ai découpé une partie de mon matelas de sol pour me fabriquer des sandales, mais encore une fois, avec un succès bien relatif… Je demandais à chaque personne que je croisais s'ils avaient quelques-choses à me prêter, louer, vendre, mais les locaux n'avaient rien à ma taille et les étranger ne s'encombraient pas d'une deuxième paire de chaussure pour le voyage. Camille m'a attendu tout ce temps. Bon c'est vrai que c'est moi qui avait la tente, mais c'était sympathique de sa part (donc ce billet devraient s’appeler un peu merci). Rendu à notre premier lieu de campement, mes pieds étaient pleins d'ampoules. J'ai essayé de rembourrer la pointe du souliers avec les bouts coupés de mon matelas de sol. Cela a atténué un peu la douleur le lendemain, mais rien de miraculeux. Je me sentais un peu ridicule, j'avais payé pour me retrouver avec des chaussures de moins bonne qualité que celles que j'avais précédemment… Il y a un vieux proverbe chinois qui dit qu'il y a parfois certains idiots qui soulèvent une pierre pour ensuite seulement se la laisser retomber sur le pied...

Comme on peut le voir, la pente qui mène à la rivière Apurimac est assez à pic (il a fallu la traverser une fois à l'allée et une fois au retour)

Lors du second jour, un peu avant le couché du soleil, j'ai croisé Ralph et sa copine Sarah. Cela m'a un peu surpris, mais Ralph a commencé à me parler en français de mes problèmes de souliers (Camille qui était devant, l'avait informé). C'était tout un hasard, mais Ralph et Sarah aussi voyagent en vélo. Ils les avaient laissés au village à l'entrée du sentier. Comme ils n'avaient pas de sac-à-dos (juste des sacoches de vélo), ils avaient dû louer les services d'un muletier et de son âne pour transporter leur matériel. Cela leur a permis d'en transporter plus, incluant une seconde paire de chaussure! Ralph était prêt à me les prêter, seulement il connaissait sa taille en pointure européenne et moi la mienne en pointure nord-américaine (leur matériel était au village à 45 minutes de marche, je en pouvais pas donc pas les essayer). Après comparaison de nos pieds, on est arrivé à la conclusion que ses chaussures m'iraient comme un gant!

Plusieurs randonneurs utilisent des ânes pour transporter leur matériel. J'imagine que me libérer de mon fardeau m'aurait soulagé un peu les pieds...

Le camp de base du Choquequirao était à 25 minutes de marche d'où on étaient. J'ai donc décidé de me rendre jusqu'à camp, de laisser mon matériel et de faire le trajet plus léger (mais à la noirceur – ce qui était normalement interdit). André m'a prêté ses chaussure pour cet allé-retour. Au village, je n'ai pas trouvé de moi-même l'endroit où mes sauveurs campaient, c'est Sarah qui est sortie par hasard et qui m'a remarqué alors que j'allais rentré sans mon précieux butin. Sans ces chaussures, je pense que j'aurais été incapable de revenir (le retour prenait aussi deux jours). Je ne sais pas ce que j'aurais fait. Même mieux chaussé, j'étais plus lents mes deux corandonneurs, mais j'imagine que si j'avais voulu, j'aurais pu faire claquer trois fois les souliers pour me retrouver à la fin du sentier!

Pour terminer, voici quelques images du Choquequirao (j'en publierai d'autres dans le billet suivant). Oui je sais, mes vêtements sont rendu trop grands.

Merci André et merci Ralph pour votre aide!

Commentaire intile à m'envoyer: Danke sehr ça c'est pas hoch deutsch – Anabel Chui-Chui.